Le Chemin de Mémoire

 

Avez-vous repéré les dalles en pierres de Bourgogne qui cheminent à travers la ville ?

 

 

 Au nombre de 20, ces dalles représentent chacune un des siècles des deux premiers millénaires.

C'est un véritable parcours qui serpente à travers la cité, en partant de Val Sully pour rejoindre le quartier de Pré-Thomas.

Sur chaque dalle, le promeneur découvre le numéro d'un siècle et l'écusson de la ville.

A côté de la dalle, sur un écriteau, sont relatés les moments et faits historiques les plus marquants de l'histoire de la commune.

 

 

 

Partez à la découverte de cette frise chronologique gravée dans la pierre...

 

 

 • Ier siècle : Une nécropole de l'époque Gallo-romaine

Les fouilles archéologiques de 1997 menées sur le lieu-dit "En Moirey" ont révélé l'existence d'une nécropole, le long de la route de Gray. Cette nécropole témoigne qu'au début de l'époque gallo-romaine, le site de Saint-Apollinaire était déjà habitée par des personnes qui incinéraient leurs morts.

 

 

• IIIème siècle : vestiges de la ferme de l'Arbessey

Durant toute la période gallo-romaine, l'habitat se renforce, comme en témoignent les vestiges découverts près de la ferme de l'Arbessey. Ces vestiges consistent en des fondations d'un bâtiment équipé d'un chauffage par hypocauste et sont sans doute ceux d'un relais qui était situé au carrefour de deux voies romaine aux environs de l'Arbessey.

 

 

• Vème siècle en l'an 500: la controversée fondation d'Aquiliacus

 

Un parchemin de l'an mille rédigé par un moine de Saint-Bénigne rapporte qu'en l'an 500, Clovis ayant vaincu le roi Gondebaud aux environs d'Aquiliacus, sa femme Clotilde fonda une basilique en reconnaissance sur les lieux de la victoire. Cette fondation serait à l'origine du village. Cependant, cette version légendaire est contredite par Grégoire de Tours qui situe la victoire de Clovis "sur les bords de l'Ouche, sous les murs de Dijon".

 

 

• IXème siècle en l'an 867: la Chapelle de Sainte-Clotilde est donnée

 

La chapelle légendairement fondée par Sainte-Clotilde est donnée par le roi Charles le Chauve à l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon, avec quelques arpents de terre.

 

 • Xème siècle en l'an 937: Un lieu de pèlerinage

Les Hongrois assiègent la chapelle d'Aqualiacus où se sont réfugiés les habitants d'alentours. Ils tentent d'y mettre le feu en sacrifiant des chèvres à leurs idoles, pendant que leurs prêtres invoquent leurs dieux. Le feu s'étant miraculeusement éteint, ils se retirent, après avoir massacré les prêtres qui ont trahi leur confiance. La chapelle d'Aqualiacus devient un lieu de pèlerinage célèbre dans le dijonnais. Son puits, réputé miraculeux, attire de nombreux malades. De même, les paysans des environs viennent immerger leurs graines et leurs fruits dans le but d'obtenir de bonnes récoltes.

 

 

• XIème siècle  en l'An 1000: naissance de Saint-Apollinaire

 

Guillaume de Volpiano, abbé de Saint-Bénigne, rapporte de Ravenne les reliques de Saint-Apollinaire: il les dépose dans l'église d'Aqualiacus reconstruite pour l'occasion dans le style lombardo-bourguignon. La nouvelle église devient le coeur d'une paroisse et structure les fermes d'Aqualiacus, de Sulliacus et de Cromaius en un unique village: Saint-Apollinaire est né.

En 1043: Saint-Bénigne devient seigneur temporel

Le duc de Bourgogne, Robert, fonde un prieuré à Saint-Apollinaire destiné à loger deux moines de Saint-Bénigne. Ceux-ci administrent le pèlerinage et célèbrent les offices religieux. A partir de cette date, le duc accorde également le "droit de sauvement" du village à l'abbaye; Saint-Bénigne devient le seigneur temporel de Saint-Apollinaire.

 

 

• XIIème siècle : naissance des vignes épleumiennes

 

Le duc de Bourgogne fait planter la vigne à Sully. Dès le IXème siècle, il est fait mention d'une culture importante de la vigne à Aqualiacus et à Sully: on sait que cette culture a été apportée dans la région de Dijon sous l'Empire Romain. Les produits de la vigne ajoutés à ceux de la terre trouvent un débouché rapide sur la ville, Dijon offrant un excellent bassin de consommation.

 

 

• XIIIème siècle  en 1240: L'abbaye de Saint-Bégnigne

 

L'abbaye de Saint-Bénigne administre la seigneurie de Saint-Apollinaire et assigne aux terres du prieuré la fonction de fournir la nourriture nécessaire aux soupers des moines de l'abbaye.

En 1290:

La famille noble, les Pestot d'Etaules, conteste les droits de l'abbaye sur une partie des terres du village.

 

• XIVème siècle en 1392: les droits de l'abbaye contestés

 

Ses droits étant contestés par la commune de Dijon, l'abbaye de Saint-Bénigne fait poser des bornes pour limiter la seigneurie de Saint-Apollinaire; globalement les mêmes que celles de la commune d'aujourd'hui. Certains habitants mécontents arrachent clandestinement les bornes seigneuriales: celles-ci seront replantées et resteront jusqu'à la Révolution. Jean de Martigny et ses descendants, les Baudot, contestant les droits de l'abbaye, font creuser des "fossés".

 

• XVème siècle en 1490: naissance du château de la Motte

 

Reconnus hauts justiciers sur leur propriété, les Baudot font construire une tour: le château de la Motte est né.

 

• XVIème siècle en 1513: assiègement des Suisses et guerres de religion

 

En septembre, 30 000 Suisses assiègent Dijon et s'installent à Saint-Apollinaire, provoquant de nombreux dégâts. Dans la seconde moitié du siècle, durant les guerres de religion, plusieurs armées de passage occupent à leur tour le village et réquisitionnent récoltes et bêtes. Le prieuré de Saint-Bénigne et le hameau de Sully sont incendiés. Il ne reste que deux maisons.

En 1553: La Tour Tabourot comme on la connaît aujourd'hui

 

Guillaume Tabourot (1516 - 1561) achète la tour du château de la Motte. En 1553, il fait reconstruire un nouveau colombier (celui que l'on peut voir aujourd'hui dans la cour de la Mairie).

 

 

• XVIIème siècle: les incendies:

 

En 1632, l'armée du duc d'Orléans occupe et incendie Saint-Apollinaire. Quelques années après, l'église est détruite par la foudre.

En mai 1701, un autre incendie accidentel détruit ce qui reste du village.

En 1651, Saint-Bénigne ayant fermé son prieuré: Saint-Apollinaire devient un village insignifiant.

 

• XVIIIème siècle: la Révolution:

 

En 1790, la seigneurie de Saint-Bénigne est abolie. L'ancien échevin est remplacé par le maire: la municipalité de Saint-Apollinaire est née. Elle applique de nombreuses réformes: vente des biens confisqués aux ordres religieux et aux suspects, partage des biens communaux, etc...

 En 1794, La Terreur:

Une partie du village se révolte contre le curé révolutionnaire Villemin. Quatre habitants, accusés d'avoir comploté contre lui, sont condamnés à la prison ferme. A la même époque, le propriétaire de l'Arbessey est guillotiné.

 

• XIXème siècle: d'une guerre à l'autre:

 

En 1815, après la défaite de Napoléon, la France est occupée. 150 000 soldats, réunis dans un champ du village, sont passés en revue par le tsar de Russie, l'empereur d'Autriche et de nombreux autres princes. Le village est pris plusieurs fois d'assaut dans le cadre d'exercices. En 1871, les Prussiens occupent encore Saint-Apollinaire et brutalisent les habitants.

Le conseiller municipal Bénigne Simon est assassiné à l'automne 1870: sa tombe est conservée dans l'enclos de l'église.

 

• XXème siècle

 

Saint-Apollinaire se développe rapidement, passant de 600 habitants dans les années 1950 à plus de 5700 à la fin du siècle. L'électricité est installée dans les années 1920, et l'eau courante en 1954.

A l'aube du troisième millénaire, l'aménagement de "Val Sully" 400 ans après la destruction du hameau de Sully, confirme cette croissance urbaine.

 

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